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Christophe Esperado : 31-12-2005
 

Comme plus rien ne fonctionnait, on pouvait perdre ses journées sans aucune mauvaise conscience. Le jour se promenait, Boul'Mich* ou saint Germain, on s'attroupait,  on refaisait le monde à chaque carrefour. Le soir tombé, l’atmosphère devenait électrique, comme un quatorze juillet,  une barricade choisie au hasard, quelques pavés descellés, une voiture renversée, des
mouchoirs humides... on attendait les C.R.S.
Lorsqu'ils chargeaient trop dur, nous nous réfugions dans les immeubles alentour. Il y avait toujours quelqu'un pour nous ouvrir les portes de son appartement, sous le bourgeois, un père.
Heures exquises ou nous guettions le pas des CRS dans l'escalier, derrière la porte bien fermée d’un appartement cossu inconnu, avec son hôte au coeur battant qui se sentait solidaire, héroïque, résistant. Heures étranges d’intimité, une tranche de vie dans du velours.

Le lendemain, le film de nos fêtes était dans les télévisions, comme des premières au bal de l’Opéra. Le noir et blanc faisait la dramatique, les CRS, la mise en scène: fumées, tirs et lacrymogènes, charges furieuses, brutalités policières contre nos doigts d'honneur. Nous, on faisait de notre mieux, cocktails Molotov et voitures enflammées, les filles sur les barricades nous faisaient passer les pavés. Avec nos casques improvisés, les foulards recouvrant nos visages, on avait quand même de la gueule, à la télé  en gros plans.

L' après midi, au théâtre de l’Odéon, c'étaient de grands débats sans fin, chacun prenait la parole. Ça ressemblait à l’idée qu’on se fait de l’assemblée constituante, le neuf juillet mille
sept cent quatre vingt neuf...

C'est là. Là que je l’ai rencontrée.
Elle s’est assise juste à coté de moi, d’autres sont venus combler les sièges vides puis les allées. Comme à l’habitude, le théâtre faisait salle pleine.
Et soudain, mais l’histoire vous la connaissez, un grand silence s’est installé. Je voyais s’agiter l’assemblée, ceux qui montaient sur la scène, le micro que l'on s’arrachait, mais je n’entendais plus rien. Sans un mot, sans me regarder, elle a mis sa main dans la mienne. Nous sommes restés ainsi, un temps indéfinissable. Puis, sans nous concerter, au même instant, me semble t-il, elle et moi nous nous sommes levés.
Dans les couloirs encombrés d’un immense capharnaüm, nous avons marché au hasard. Sur son visage transparent est apparu un sourire dans lequel je pouvais lire tout ce dont nous sommes capables de tendresse et de gravité.
Ce qui suivit, c’est étrange, je n’en ai aucun souvenir. Simplement quelques impressions, son corps si léger, si tendre, son odeur de vanille et de lait, le velours du rideau de scène sur lequel nous étions couchés.
Lorsque je me suis réveillé dans cette loge qui semblait nous être réservée, c’était la nuit. Nous étions seuls. Dans le bâtiment déserté, le silence avait l’âge des murs. Elle était étendue près de moi, lovée comme un petit enfant, sur sa nuque quelques cheveux blonds m’ont ému, je ne sais pourquoi. Elle s’est retournée dans son sommeil et j’ai passé à la contempler, des heures, je crois, ou des secondes. Ses seins gorgés de tendresse, son ventre plat qui palpitait, son cou si fragile, si noble, la peau si fine à ses poignets. Doucement, sans la réveiller, doucement, je me suis lové contre elle.
Quand nous nous sommes assoupis, je ne pouvais plus savoir où commençait son corps, où finissait le mien.
Lorsque je me suis réveillé, elle avait disparu. Sur un papier ces quelques mots: « je ne t’oublierai jamais. »
Dissoute comme allait se dissoudre la chance qui nous avait effleurés.
Je n’ai jamais su son prénom, ça n’avait pas d’importance, nous étions en mai soixante huit, dans le premier matin du monde.

( Suite est en cours de réécriture, Télecharger  pour lire la suite provisoire.)

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