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Christophe Esperado : 08-06-2006
 

Image Il  s'enfonça  profondément  dans  le cuir de son siège. Les cadrans bleutés luisaient doucement dans la nuit comme autrefois brillaient les phares de la côte lorsqu'il rentrait à la barre de son voilier.

 Il  se  souvint  des  lumières  du petit port de Grèce, et leurs reflets qui dansaient  dans  l'eau  noire.  Comme  une amicale présence, comme le cadran phosphorescent  de  la  montre  de sa femme endormie, toutes ces nuits à ses côtés, bien avant le divorce. Il se souvint de toute cette paix.

Dehors,  dans  le lointain, les lumières défilaient, irréelles, derrière les vitres fumées  de  la  limousine.  Le  moteur ronronnait comme un gros chat heureux, le parfum du cuir lui rappelait son enfance.

Il  baissa  un  peu  la  radio  jusqu'a  ce  que le son du sax se fonde dans l'ambiance,  exactement  emboîté.  Instantanement,  son dos se redressa, son visage  devint  plus  lisse, un air oublié de noblesse lissa les plis de son visage,  un sourire lointain se tendit sur ses lèvres. Il était bien.

Amusé,  il pensa au cadeau du destin qui lui avait apporté cette voiture, et cette  valise,  juste  là  sous  ses yeux. Il desserra un peu le noeud de la cravate  de  soie.  Il  n'avait pas hésité une seconde: Tout était clair. Ne s'était  pas préoccupé de cet homme d'affaire qui faisait la queue au tabac, un  oeil  rivé  sur  sa  voiture  qui tournait au ralenti, sans se méfier un instant  du  clochard  assis dans le caniveau.

Les clochards sont invisibles aux yeux des hommes ordinaires.

Un  jeu  d'enfant.  Tous  ses réflexes retrouvés. La suite avait été rapide. Quitter  Paris,  par la porte d'Italie, s' arrêter dans une station service, se raser, et enfiler les vêtements trouvés dans le coffre. Juste le temps de prendre  une  douche dans un motel, de s'asperger de cette eau de Cologne de luxe, d'allumer un cigare trouvé dans le vide poche.

Il  avait retrouvé sa vraie vie, il avait retrouvé sa vraie place.

Si  ses  compagnons d'infortune, dans leur vomi, pouvaient le voir, ils n'en reviendraient pas...

Et ses anciens amis d'autrefois, ses amis qui l'avaient tous abandonné après le  scandale,  tous  laissé  tombé.  Ses bons amis, bien au chaud dans leurs appartements de Neuilly, qu'ils soient maudits !

Il  chassa  ses idées sombres, comme on chasse un moustique d'un geste de la main.  Ce  n'était  pas  le  moment  de  tout  gâcher.  Il prit une profonde inspiration, pendant qu'il accélérait et se portait sur la file de gauche. Il  se concentra sur les battements de son coeur, sur le parfum du cuir, sur le  plaisir  de  tous  ses sens , retrouva son calme intérieur. Il visa avec attention  la  pile  du  pont  qui approchait rapidement dans la lumière des phares,  ferma  les  yeux,  arrêta  le temps et l'espace, dans le glissement souple de la machine. Il n'y eut pas un bruit, pas un choc, pas une rupture. Il  vit  d'en haut la carcasse s'enflammer, les étoiles dans le ciel infini. Il ressentit la paix et le silence de cet instant. Il crut même sentir comme un parfum d'été.

Il  s'éleva  bien au dessus de l'autoroute, toujours plus haut, hors de la nuit,  toujours plus haut vers la lumière, il n'avait plus peur, plus froid, plus de chagrin: Il était temps de rentrer chez lui.

-- Christophe

 
 
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